Ce mercredi 11 février, nous organisons une nouvelle édition de l’Espace Féminin, un moment pensé pour créer du lien, partager des réflexions et nourrir une politisation ancrée dans nos réalités.
L’Espace Féminin se veut être un cadre bienveillant et exigeant, où l’on repense ensemble les modèles classiques d’engagement politique. Un lieu pour bâtir, pas à pas, une communauté de femmes africaines de la nouvelle génération – conscientes, critiques, créatives. À travers des discussions, formations et rencontres, nous tissons un espace de transmission, de questionnement et de construction collective. Se former, s’écouter, s’élever.
Lien d’inscription : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfTVnxO-gpsCDhnnn3x0etssbcrunnZ-MfgVr0oNaHK4_xV7g/viewform
La lecture prévue pour le mois de février est : « Une écologie décoloniale » de Malcom Ferdinand.
Ce n’est pas obligatoire d’avoir lu le livre pour participer
À travers cet ouvrage, Malcolm Ferdinand propose de repenser l’écologie en la reliant aux héritages du colonialisme et de l’esclavage. Il montre comment l’« habiter colonial » européen, fondé sur la destruction des écosystèmes et l’exploitation des peuples colonisés, a transformé les relations à la Terre. Cette logique a donné naissance à des formes d’organisation du monde marquées par les plantations, l’extractivisme et la traite négrière, que l’auteur nomme notamment le Plantationocène et le Négrocène. Les crises environnementales actuelles apparaissent ainsi comme indissociables des injustices sociales, raciales et historiques.
Nous aborderons également les passages dans lesquels l’auteur revient sur les limites et l’essoufflement de certains mouvements écologistes. À travers la figure de « l’arche de Noé », il critique cet environnementalisme qui prétend sauver la nature sans remettre en cause les structures coloniales et sociales héritées de l’histoire. En laissant de côté ces dimensions, ces approches produisent des contradictions et peuvent renforcer les inégalités, donnant lieu à ce que Ferdinand qualifie d’« écologie coloniale ».
Enfin, nous nous intéresserons au chemin choisi par celles et ceux qui ont cherché à dépasser cette double fracture entre écologie et décolonialité. En mobilisant la figure du navire négrier, repensé comme un point de départ vers un « navire-monde », Malcolm Ferdinand invite à renouer des relations justes entre humains et non-humains, et à refonder une écologie attentive à la fois à l’héritage colonial et esclavagiste de la mondialisation et aux formes de vie avec lesquelles nous partageons le monde. Il s’agit alors d’imaginer des pistes pour « faire monde » autrement, hors de la violence coloniale et de la séparation entre justice sociale et justice environnementale.
En complément de cette lecture, il sera également question de proposer une introduction aux idées qui sont à la base de l’écoféminisme. Cela nous amènera à développer ensemble la manière dont ces luttes peuvent s’inscrire concrètement dans nos réalités, en particulier celles vécues par les femmes africaines, en tenant compte de leurs expériences, de leurs rapports au territoire et des formes spécifiques de domination qu’elles traversent.

