J’aurais dû m’appeler Aïcha
[ou l’identité française en question]
Un mois avant ma naissance, la mère de mon père décède
La tradition veut que la première fille née après ce décès hérite du prénom de la défunte.
Ma grand-mère s’appelait Aïcha. Elle était algérienne.
Pourtant, je m’appelle Nadège
Trois quart Algérienne, un quart Française. Algr2rienne de sang, Française de sol. Pas tout à fait française, pas vraiment algérienne.
Pour les descendants d’Algrérien.nes, il y a comme une zone grise : une histoire coloniale mise sous silence, une guerre faite « d’évènements », des représentations racistes et des inégalités qui perdurent. Intégrée par l’école républicaine, bercée par le mythe national, j’ai joué le jeu de l’intégration. En m’assimilant, j’ai refoulé une partie de mon héritage. Je fais aujourd’hui marche arrière en prenant bien soin de ramasser un à un tous les indices et de reformer le puzzle de mon histoire, de notre histoire pour mieux la déconstruire.
A propos de Aïcha…
Pour les descendants d’Algrérien.nes, il y a comme une zone grise : une histoire coloniale mise sous silence, une guerre faite « d’évènements », des représentations racistes et des inégalités qui perdurent. Intégrée par l’école républicaine, bercée par le mythe national, j’ai joué le jeu de l’intégration. J’ai appris à me fondre, à taire, à oublier. A m’assimiler. Mais ce que l’intégration exige, elle le prend au prix d’un effacement.
Je reviens aujourd’hui sur les traces de mon histoire. Je remonte les fils, je collecte les indices, je recompose le récit, reforme le puzzle de notre histoire commune, pour faire apparaître les angles morts et faire émerger une mémoire à la hauteur de nos héritages. Une mémoire vivante. Politique. Décoloniale.
Entrée libre
Teaser : https://vimeo.com/676350651

