Présentation d’un contre-récit collectif du procès concernant les émeutes de la place Saint-Lambert du 13 mars 2021 à Liège.
Le 1er octobre 2025, le tribunal correctionnel de Liège a rendu son verdict concernant le procès des prévenu·es lié aux émeutes de la place Saint-Lambert. Les 30 prévenu·es, pour la plupart à peine majeur·es au moment des faits, sont tous·tes condamné·es à des peines sévères et accablantes allant jusqu’à 4 ans de prison ferme. Ce verdict est choquant et disproportionné par rapport aux faits, il raconte une justice de classe et de race.
Pour rappel, les émeutes du 13 mars 2021, impliquant 200 à 300 jeunes, surviennent lors d’une manifestation Black Lives Mater qui avait pour objectif de protester contre les violences policières subies par une femme d’origine congolaise, quelques jours auparavant, le 8 mars, à Liège.
Très rapidement, médias et responsables politiques adoptent un vocabulaire guerrier : « ville assiégée », « guérilla urbaine », « bandes organisées ». Ce cadrage construit l’événement comme une menace sécuritaire majeure, tout en invisibilisant les causes structurelles. La parole des jeunes est effacée, leur vécu, leurs expériences quotidienne des contrôles au faciès, des humiliations, des arrestations administratives répétées, restent largement absents du débats.
Pourtant, le contexte ne peut être ignoré. L’année 2020 est marquée mondialement par une mise en lumière des violences policières. La mort de George Floyd aux États-Unis qui renforce le mouvement Black Lives Matter. En Belgique, la mort d’Adil Charrot lors d’une intervention policière suscite également une profonde indignation. De nombreuses organisations de défense des droits humains et collectifs antiracistes documentent depuis longtemps les discriminations structurelles et les violences subies par des habitant·es des quartiers populaires, souvent exacerbées durant la période de pandémie.
C’est dans ce contexte que notre groupe s’est constitué pour suivre le procès. Avec le sentiment que ces jeunes émeutiers allaient prendre cher ! Nous avons décidé de proposer un contre-récit sous forme d’une brochure, qui représente notre point de vue sur le traitement de ce procès et s’oppose au récit des médias et des autorités communales.
Lorsque les violences policières aboutissent rarement à des condamnations et que de nombreux dossiers sont classés sans suite, que dit la rapidité et la sévérité avec lesquelles sont jugés ces jeunes ?
Nous vous invitons à venir découvrir et discuter autour de la brochure, pour ouvrir un espace de réflexion collective sur la justice, et proposer un autre récit.

